|
L'ANCHE DES MÉTAMORPHOSES
L'ANCHE BAVARDE
Une pie, une commère, une pipelette
Au laïus continu, rivière babillarde,
Moulin à tous les vents, inépuisable barde,
Elle émet son fredon dans le casque des têtes.
Avec très peu de pauses mais beaucoup de crêtes,
Volutes volubiles d'arpèges spirales,
Tourbillons de quadruples croches en rafales,
Groupetti de septolets à la mitraillette...
"Dans tout discours il faut ménager des arrêts.
Consentez, ma chère anche, à plus de retenue !
Souffrez que cette langue-là, si bien pendue,
Goûte quelque répit au fond de son palais
!"
Le silence est fertile et de lui tout commence :
La musique, la poésie, et l'existence;
|