Didier Malherbe

Didier Malherbe

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MUSIQUE > NUIT D'OMBRELLE

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Didier Malherbe - Eric Löhrer
nuit d'ombrelle

CD 1 « Jazz Song book »
1. DARK SHADOWS
2. CRY ME A RIVER
3. LET'S COOL ONE
4. 'ROUND MIDNIGHT
5. MISTERIOSO / BLUE MONK
6. BOPWIND
7. ST JAMES INFIRMARY / ESHKHEMET
8. MOOD INDIGO
9. WE SEE
10. MONK'S MOOD
11. THINK OF ONE
12. SMOKE GETS IN YOUR EYES
13. KOUROUTS BLUES
14. I REMEMBER CLIFFORD
    
CD 2 « Nuit d’Ombrelle »
01. NOUT
02. SEMIS D'OUBLI
03. SONGE DE FRAMBOISE
04. OMBRES DEGUISEES
05. SOUVENIR D'HIPPOCAMPE
06. MOIRES
07. IVRES DUNES
08. VAGUABLUES
09. BOUT DE LA NUIT
    

Enregistré par
Philippe Teissier du Cros
Juillet et octobre 2010

Photos: Julien Mignot

NUIT D OMBRELLE
CD label NAIVE - NJ621211 - 2011

  
Eric Löhrer : guitares
Didier Malherbe : doudouk, saxo soprano

CD 1 : 14 standards de jazz interprétés à la guitare acoustique et au doudouk. Compositions notamment de Thelonious Monk, Duke Ellington, Benny Golson, Arthur Hamilton, Jérôme Kern, Earl Coleman.

CD 2 : « Nuit d’Ombrelle », suite improvisée
Doudouk, guitares, sax soprane. Cette suite de 9 pièces courtes, totalement improvisées, dessine une courbe « en dos de baleine » (ascendante, puis retombant au minimal)

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"BOPWIND" (extr.) - WEB PROMO-CLIP

    
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. MP3s:  BOPWIND (extr.) - 2'06'' et 'ROUND MIDNIGHT (extr.) - 2'17''
 

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VIDEOS :

 "St James Infirmary" - CERNY (F) - 3 Avril 2011

      "BOPWIND" (extr.) - WEB PROMO-CLIP

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"... les hommes venaient, chacun portant sa nuit comme une ombrelle."

René Daumal, Le Contre-Ciel

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On connaît la passion que Didier Malherbe éprouve depuis près de vingt ans pour le doudouk, instrument à vent originaire d’Arménie et chargé de la mémoire des hommes qui souffle depuis des siècles le velours de ses sons nostalgiques, souvent très émouvants.

Cette passion s’épanouit notamment au sein d’Hadouk Trio, réjouissant tant par la personnalité attachante de ses membres (Steve Shehan et Loy Ehrlich) que par son répertoire ethnicisant. On peut en goûter les charmes soyeux au long de sept albums publiés en une quinzaine d’années. Ce qu’on sait sans doute moins, c’est que loin d’imiter la musique arménienne qu’il aime, Malherbe s’est longtemps exercé à inventer son propre chant en interprétant au doudouk les standards de jazz qu’il jouait jadis au saxophone soprano, et y prend le même plaisir d’instrumentiste qu’avec le bansourî, autre vieille compagne en musique.

Didier Malherbe, aventurier et habitant historique de la planète Gong dont les extravagances cosmiques ont fait les beaux jours des années 70 et continuent à résonner aujourd’hui,s’adonne ici à la relecture de standards et à son amour du jazz en un duo serein avec Eric Löhrer, autre voyageur de la musique dont le parcours protéiforme témoigne d’une curiosité de chaque instant. En effet, au-delà de ses incursions dans des univers musicaux aussi variés que la chanson, le rock, la soul ou la musique contemporaine, ce guitariste philosophe s’est illustré au sein de plusieurs formations (Trio Eric Löhrer, Open Air), ou aux côtés de personnalités très créatives (Andy Emler, Eric Le Lann, Julien Lourau). En 1998, Löhrer enregistrait Evidence, un album acoustique en solo consacré à la musique de Monk. Un signe avant-coureur ?

Beau pedigree, donc, pour ces deux artistes ; mais n’allons pas imaginer sous cette Nuit d’ombrelle le rendez-vous de deux agitateurs qui, confrontant leurs démarches, provoqueraient un échauffement taquin de leurs molécules sonores. Au contraire, ce double disque s’apparente à une halte apaisée, une conversation tranquille au coin du feu entre deux amis en parfaite communion qui déroulent tranquillement le tapis velouté de leur chant et content leurs histoires communes sans élever la voix. La mer étale de leur musique n’en est pas moins séduisante, la texture enchanteresse du doudouk, dont Didier Malherbe joue sur la quasi-totalité des titres, se posant naturellement, en toute élégante délicatesse, sur la sérénité des notes égrenées discrètement par Löhrer. Rien de révolutionnaire - rien que le bonheur de (dé)jouer de belles mélodies entrées au Panthéon du jazz, et de les parer de nouvelles couleurs, dans un climat méditatif et intime.

Cependant, Nuit d’ombrelle est plus qu’un hommage humble et chaleureux ces thèmes éternels que sont « Cry Me A River », « ‘Round Midnight », « St James Infirmary », « Mood Indigo », « Monk’s Mood » ou « I Remember Clifford ». Si le premier des deux CD, Jazz Songbook, propose une balade tranquille dans l’histoire du jazz, le second, Nuit d’ombrelle, se compose d’une courte suite de neuf improvisations dont le déroulement présente la même évidence : la musique coule, limpide et sans embardées. La juxtaposition des deux démarches n’est jamais artificielle, et traduit au plus près l’ambition des deux musiciens : avant tout nous faire comprendre d’où ils viennent, puis nous entraîner où bon leur semble, quelque part entre leurs rêves et notre réalité.

Nuit d’ombrelle est un disque attachant dont les douces teintes vespérales sont une incitation à la flânerie rêveuse. Difficile de ne pas se laisser séduire par ces dialogues complices : la pause amicale à laquelle ils nous convient est avant tout bienfaisante.

Denis Desassis
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Mai 2011

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Vous connaissez Didier Malherbe créateur du mythique groupe des années 70 : Gong. Il fonde aussi en 1996, avec Loy Ehrlich et Steve Shehan, le Hadouk Trio. Il signe aujourd'hui un projet différent aux côtés du guitariste Eric Löhrer. Un double album qui compte « Jazz song book », 14 titres où le duo revisite quelques grands standards du jazz. Ainsi « Cry me a river », « Mood indigo » ou « Monk's mood » prennent une saveur et des couleurs différentes aux sons du doudouk et de la guitare.
Puis « Nuit d'ombrelle », recueil de 9 titres originaux, suite de courtes improvisations pour saxophone soprano, doudouk et guitare.
Dès les premières mesures, le souffle envoutant de Didier Malherbe agit et nous porte dans un monde aérien aux mélodies enchanteresses. De « Nout » à « Vaguablues » en passant par « Songe de framboise » et « Souvenir d'hippocampe », suivez sans crainte Didier Malherbe jusqu'au « Bout de la nuit », dans cette délicieuse « Nuit d'ombrelle ».

Sélection FIP
 

En jazz, en particulier dans celui qualifié de "contemporain", la forme du duo, quels que soient les instruments mis en jeu, débouche rarement sur autre chose que des improvisations sans fin (et tout aussi souvent sans début ni milieu). Au contraire du parti pris, heureux, de la concision que font entendre le saxophoniste et flûtiste Didier Malherbe, ici au doudouk, sorte de hautbois arménien, et le guitariste Eric Löhrer dans Nuit d'ombrelle. La plupart des thèmes, en majorité des standards, dont six du pianiste Thelonious Monk, durent dans les quatre minutes. Les mélodies sont jouées au plus près de leur intégrité originelle et l'un et/ou l'autre des musiciens improvise. Non comme un prétexte à divagations harmoniques ou virevoltes hors sujet, mais bien dans une continuité. Pour l'essentiel acoustique, superbement enregistré chez Philippe Teissier du Cros, Nuit d'ombrelle joue dans la lenteur du blues. Un second disque regroupe neuf thèmes, eux présentés comme "totalement improvisés", dans des ambiances plus proches des musiques du monde. Des moments surgis de l'instant qui ont l'exactitude de solides compositions.

Sylvain Siclier  
LE MONDE
10/11 avril 2011

Didier Malherbe est un musicien sans frontières qui a traîné ses guêtres du Maroc à l'Inde, du jazz aux musiques d'ailleurs (Hadouk trio) en passant par le rock pataphysique de Gong. Au sax soprano ou au doudouk (un merveilleux hautbois arménien au son d'une infinie douceur), il dialogue ici avec la guitare d'Éric Löhrer, à qui l'on doit un grand disque en solo dédié à Monk ("Évidence"). Monk, à qui le duo consacre une bonne partie de ce double CD, bel exemple de la conversation la plus délicate.
  
Bernard Loupias.
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14/20 Avril 2011

 

Un duo sax-doudouk et guitare ? Il fallait oser...D'autant que le projet s'articule autour de deux disques très différents : le premier, assez long (plus d'une heure), intitulé "Jazz Songbook", consacré principalement à des standards (dont plusieurs signés Thelonious Monk) ; le second, nettement plus court (moins de trente minutes !), baptisé "Nuit d'ombrelle", dédié uniquement à des compositions originales. Aussi risqué que ce concept paraisse de prime abord, le résultat est plus que convainquant. Et malgré la palette sonore limitée qu'impose cette formule, on se laisse vite bercer par le discours des deux musiciens, qui se font constamment écho au travers des quelque 23 pièces de l'ensemble. Car au delà des thèmes exposés et développés, on a réellement l'impression d'écouter des conteurs racontant des histoires mystérieuses et enchanteresses. Rien d'étonnant pour Malherbe, qui nous a habitués depuis longtemps à ses volutes envoûtantes au sax et au doudouk avec ses albums personnels comme avec le Hadouk trio. Mais c'est une belle surprise pour le mésestimé Löhrer qui révèle ici l'étendue de son jeu acoustique, délicat et inventif (une facette déjà abordée dans un discret album solo en hommage à Monk). Les deux complices nous entraînent sur des chemins de traverse à l'écart des
conventions, en toute fantaisie, sans jamais chercher l'épate. Un parfum de printemps et de liberté... 
  
Félix Marciano
JAZZ MAGAZINE
Mai 2011

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